Atelier du 1er avril 2016

Textes à quatre mains sur base du sens du toucher.

Il faisait noir, je ne voyais rien mais je palpais les murs afin de trouver ces fameuses étagères. Finalement ma main droite toucha un vase. On hurlait derrière la porte.

Je pris mon courage à deux main et plongeai ma main gauche dans le vase invisible.
C’était gluant, froid et quelque chose grouillait là-dedans. DE l’autre côté du mur, quelqu’un cria « La clé ! Trouve la clé ! ».
Mes doigts, d’abord timidement, palpaient la substance visqueuse, puis je plongeai la main toute entière dans le vase, puis l’avant-bras, et enfin le bras. Le vase paraissait être sans fond. JE le prix à deux mains et le retournai sur ma tête pour pouvoir sentir la clef sur mon crâne lorsqu’elle tomberait. Mais la substance épaisse coulait sans discontinuer et je fus bientôt pris d’un réflexe de déglutition.
J’avais envie de vomir rien qu’à imaginer les vers de terre grouillants sur mes cheveux. Un vent de panique me gagnait. Je n’avais plus qu’une idée, sortir de cette pièce. Sans m’en rendre compte, je me frottais le visage pour me débarrasser de cette… Mais finalement, qu’étais-ce ? Ca sentait vaguement la vanille. Incroyable, c’était tout bêtement de la crème pâtissière ! Les organisateurs du jeu m’avaient bien eu ! Le cerveau nous joue parfois bien des tours. Je m’imaginais une immonde bête gluante. J’en ris encore ! Mais j’aurais préféré de la confiture, car j’adore la confiture. Je l’aurais reconnue de suite, surtout celle à l’orange dont j’apprécie le gout sucré.
Finalement, la clé tomba directement dans ma main. Il ne me restait plus qu’à suivre les voix pour trouver la sortie. A peine j’ouvris la porte, qu’un nain en short me lança un feu d’artifice de confettis au visage, sous les hourras des autres participants, heureux de pouvoir continuer l’aventure.

 

Après une longue journée de travail harassant, je rentrais chez moi ravie, à l’idée de me reposer devant une bonne série télé.
J’enlevai mes chaussures, m’assis dans le canapé et m’apprêtai à allumer la télévision lorsque je me dis qu’un plateau repas complèterait à merveille cette petite soirée tranquille.
Lorsque j’ouvris la porte de la cuisine, je fus agressé par un feu d’artifice de couleurs qui émanaient des pots de confiture renversés dans la pièce. En effet, la fenêtre était ouverte et le rideau avait été aspiré à l’extérieur de la fenêtre et volait en claquant au vent. Un désordre indescriptible régnait dans la cuisine. Partout des boites et des pots étaient renversés, les tiroirs ouverts et leur contenu déversé par terre.
Le voleur qui était passé par là avait même poussé le vice à décapsuler des bouteilles d’eau pétillantes et les déverser sur le sol. J’entendais un faible crépitement continu qui m’exaspéra encore plus.
Il y avait quelqu’un dans la pièce ! Je reconnus le bruit de mâchouillement de mes caramels favoris ! J’étais furieuse. Tout, tout mais pas ça ! Ma friandise favorite que je commandais expressément à Cuba et que je gardais comme un trésor dans la bouche d’un horrible inconnu !
Il était là, au fond de la pièce, près du frigo. Il semblait massé contre le mur, accroupi. On aurait dit un animal acculé et mort de peur sauf qu’il mangeait bien mes caramels ! De colère mais aussi de peur, je saisis la première chose à proximité pour lui lancer à la tête. Ce n’est qu’après coup que je me rendis compte que je lui avais lancé une grappe de raisins !
Celle-ci atterrit sur son visage en faisant un flop ridicule et je vis, comme au ralenti, tous les grains se déplacer et venir lui gifler la joue mollement. Le type sursauta et avala un caramel de travers. Il s’évanouit en écrasant la grappe de raisins.

 

C’est l’anniversaire du Nutella. Vous savez, cette pâte onctueuse au chocolat et aux noisettes croquantes et craquantes que les enfants adorent sur le pain. Les adultes aussi d’ailleurs. J’en connais qui le mangent à la cuillère devant la télé.
Après trois jours, le pot est vide et évidemment, on ne dit rien ! Du coup j’en achète par 2 pots à la fois, mais on dirait que plus il y en a, plus cela part vite ! Pourtant cela n’est pas bon pour la santé d’en abuser. JE vous entends déjà dire que tout est mauvais à partir du moment où on en abuse, or tout n’est pas aussi bon que le Nutella !
Bref, je disais donc que j’en achète par 2 pots et ça part encore plus vite. Du coup, je me retrouve à chaque fois baba. Alors j’ai décidé de donner une bonne leçon à toutes ces personnes qui terminent le pot, n’en disent rien et le remettent dans le placard alors qu’il ne reste que du chocolat desséché au fond du pot et sur le couvercle. J’ai donc décidé de remplacer le Nutella par de la confiture ! Oui, parfaitement ! Et pour masquer mon subterfuge, j’ai décidé de recouvrir cette pâte de fruits par une mince couche de Nutella. Ainsi, le prochain ne s’apercevrait même pas qu’il tartine du choconfiture ! JE ris déjà à l’avance de ma bonne blague en pensant à la fête que ferait le prochain. Je décidai même d’aller plus loin pour être certaine que ça serve de leçon ; je cachai sous une cloche de choco un petit amas de poivre mouliné ! Ah ahah, que je suis diabolique …
Mais tel est pris qui croyait prendre !  J’ai complètement oublié ma diablerie et j’ai demandé à me petite fille de nous préparer une bonne tartine au Nutella. J’ai ainsi avalé cette mixture qui finalement n’était pas si mauvaise.

 

 

C’était une sensation délicieuse, un petit goût acide, fruité, pétillant. Le champagne bien frais était décidément très bon ! Comme j’avais eu raison de vouloir venir à cette soirée à laquelle ma femme ne voulait pas venir. Les invités n’étaient pas encore tous arrivés, mais le champagne coulait à flot ! Des petits entremets garnis de sucre étaient offerts par des serveurs courtois et souriants. Tout était organisé pour le plaisir des convives. De magnifiques bouquets de fleurs très colorés garnissaient l’estrade où l’orchestre jouait un petit air en sourdine. Nous nous connaissions presque tous et de petits groupes se formaient pour entamer la conversation.
C’est à ce moment que tout bascula. Un serveur distrait avait dû faire tomber un morceau de fraise par terre sans le voir. Tout comme moi d’ailleurs, trop occupé à réciter mon discours dans ma tête en approchant du pupitre. Mon pied se posa sur le fruit délicat et encore gorgé de jus et l’écrasa.
Tout à l’ignorance de ce qui venait de se passer, j’avançais vers le pupitre en laissant des empreintes rougeâtres sur mon chemin. Etrangement, c’est ce fait qui resterait gravé dans ma mémoire…
Je m’installai donc devant le pupitre et entamai mon discours. Un bruit de verre brisé, une bousculade, je perdis connaissance.
Lorsque j’ouvris les yeux, je me retrouvai face à l’ambulancier qui me donnait des tapes sur la joue « Monsieur, réveillez-vous ! Monsieur ! «   Tout ce dont je me souvenais, c’était que j’étais en train de dire mon discours et que soudain un gros trou noir m’avait aspiré. « Tout ça c’est à cause de la fraise. » dit la femme à coté de l’ambulancier. « La fraise ? » dit l’ambulancier. « Oui ! » répondit-elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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